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« Mbuta » Mingiedi (85 ans), musicien connu, avec son « Likembe » légendaire, de l’orchestre Konono N°1 n’est plus en vie.

«Mabele ya ngoya… ndeko te» («Terre bien aimée… n’a ni soeur ni frère»). L’artiste Musicien Mingiedi ne jouera plus son instrument de prédilection, le « Likembe » sur des scènes en Europe. Plus personne ne verra plus ses spectacles à Kinshasa, la ville qui vient de le voir mourir,à l’âge de 85 ans. Il était toujours très actif sur le plan professionnel. L’expression philosophique « Mabele ndeko te » (langue internationale Lingala) que nous utilisons pour cette circonstance pénible à propos de ce « grand  » de notre monde musical signifie que « femme ou homme,chaque humain mourra et se reposera sous terre ».

 

Des Congolaises et Congolais en Europe…des autres nationalités africaines et des fans japonais, britanniques, chinois, belges, français, américains, allemands, hollandais, russes, suédois qui avaient vu ses productions scéniques lors de ses tournées dans des pays occidentaux regrettent la mort du musicien congolais Mingiedi, la tête d’affiche de Konono N°1, cet orchestre basé dans la capitale congolaise.

 

Une certaine idée sur ce sacré artiste-musicien: « Mbuta » Mingiedi.


L’artiste congolais Mingiedi, leader de l’orchestre Konono N°1 est mort à Kinshasa à l’âge de 85 ans. Son décès s’est passé le 15 avril 2015. C’est un Français de Paris,monsieur David Beaugier de la maison de disques Crammed (une entreprise de création belge) qui avait donné cette information triste à des journalistes.

 

Des Congolaises et Congolais l’appellent « Mbuta » Mingiedi. Le mot « Mbuta », en langue internationale Kikongo, sert à qualifier une personne âgée que tout le monde doit respecter vu l’imaginaire de nos cultures africaines qui ont une seule comme le démontre le savant sénégalais Cheik Anta Diop dans ses livres qui devraient servir de référence aux semeurs africains de zizanie et ainsi qu’à tous les non-initiés occidentaux dans des pays européens où une certaine mentalité dite « européenne » rejette des personnes âgées. Comprenez la raison « à l’Africaine avec ses valeurs profondes d’avant la colonisation » qui légitime cette appellation « Mbuta  » en faveur de l’artiste MINGIEDI Mawangu. Son œuvre est grandiose et « Mbuta  » Mingiedi fonda depuis 1966 son groupe musical de style traditionnel dénommé « Konono N°1 ».

 

A Kinshasa et dans des divers milieux du peuple congolais en Europe, des gens l’appellent « vieux ou vié  » Mingiedi. C’est de « argot » Lingala. C’est un mot en langue française qu’ils se sont accaparés à leur manière. Ainsi va la vie d’une langue, de toutes les langues du monde des humains. Ainsi allait la vie du citoyen congolais Mingiedi Mawangu qui parlait Kikongo et Lingala et en sa qualité d’artiste-porte parole connu en dehors de la République Démocratique du Congo, il avait contribué à internationaliser ces deux langues africaines qui ont la même racine. Tout cela est palpable à travers ses œuvres musicales et ses échanges en paroles qui sont un trésor que l’HUMANITE peut consulter.

 

Connaissant sa trajectoire en tant que membres de la presse congolaise, il est inadmissible pour notre dignité historique quand certains Européens mentionnent que c’est le Belge Vincent Kenis du Label Cammed Discs qui a découvert Mingiedi, homme ou artiste. L’époque d’une certaine Europe sur des « découvertes des Africains, de l’Afrique et des arts noirs africains » appartient à un passé de ces barbares européens non représentatifs des peuples européens du passé ou du présent. Si le doyen Mingiedi et monsieur Vincent Kenis se sont connue dans les années 2000, c’est une rencontre qui est le propre des êtres humains. Par les temps qui courent au Congo pays sous occupation, les Congolais et les autres Noirs d’Afrique ne veulent plus être considérés comme « avoir été découvert par des x et z européen ». Du respect pour un mort. Un artiste est mort. Pas de mot impliquant des confusions. Pas de polémique qui blesse les susceptibilités des êtres humains, dit un membre d’une des familles royales( les Ndonga Nkenge),un résident en Europe, qui aime aussi l’artiste Mingiedi et sa musique.

 

Mingiedi Mawangu, c’est le son traditionnel du Konono N°1.


Son orchestre KONONO No.1 crée un an après la prise du pouvoir au Congo par l’officier Mobutu qui venait de prendre par la force en 1965 les fonctions de chef d’Etat. Et le général Mulamba Leonard assumait les fonctions du premier ministre ; possède un cachet musical particulier dans le style d’une musique traditionnelle du Grand Congo. « Mbuta » Mingiedi avait une originalité de mettre sur scène que des instruments qu’il a fait fabriquer lui-même pour imprimer un « son » à lui. Et modernité oblige, il s’est servi de l’électricité, des hauts parleurs, des mixeurs, des podiums, des micros…

 

Ce « son musical » du Konono N°1 vient du contexte Congo (« KO » et » NGO »), richissime grâce aux divers et variés styles musicaux ancestraux appelés de temps en temps avec un raccourci simpliste « musiques folkloriques » par un bon nombre des esprits congolais. Ceux-ci sont déformés par des effets durables de la colonisation barbare, crminelle, dictatoriale de l’État de Belgique avec son apartheid dès le 19ème siècle en méprisant les formes des cultures du Congo. Or le Congo étant pourtant une civilisation pacifique qui n’a jamais fait une seule guerre de conquête contre des Belges en territoire européen; très ancienne qui date des époques pré-historiques à l’image du Lac pré-historique Mai Ndombe. Tout cela rappelle les valeurs musicales de dialogues entre les peuples du monde avec Mingiedi dont l’œuvre chantait la paix, la vie, les amitiés, l’amour, l’Eternel (Nzambi,Nzambe), les problèmes et les valeurs dans la famille, la beauté, la danse comme thérapie ou élément de détente…Bravo à feu artiste Mingiedi. Bravo à sa maison de disques Crammed pour avoir une bonne partie de son travail à la disposition de la postérité.

 

Vidéo de « Konono Numéro 1. On peut voir « Mbuta » Mingiedi (en chemise rose) joua. Des images le montrent entrain de jouer le Likembe.

 

 

 

Albert Lupungu/Rédaction de Genève, Nkumu/Rédaction centrale-Europe, Lilo Miango/Rédaction de Paris. Illustrations: droits réservés Label Crammed Discs

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