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Pourquoi l’institut français THEMIIS donne des formations militaires au Congo, pays sous occupation où l’armée nationale réelle n’existe pas?

Europe. « Mituna misato mpo na maye matali mateya mpo ya bamikonzi na mampinga, o ekolo Kongo* » (« Trois questions concernant la problématique de la formation des cadres militaires, en République Démocratique du Congo »). Le MAGAZINE NGAMBO NA NGAMBO a envoyé ces questions à la Française Camille Roux, présidente de l’institut français THEMIIS basé dans la région première région française, l’Ile-de-France.

Beni-Lubero Online avait écrit: « les généraux rwandais tutsi qui dirigent l’Armée Congolaise FARDC totalement infiltrée! » (Photo Beni-Lubero).

Un fait réel avéré en République Démocratique du Congo(RDC), l’armée n’existe pas du tout au sens où on l’entend en France. Les FARDC sont tellement infiltrées et dirigées sur le sol congolais par des citoyens rwandais, des extrémistes Tutsi rwandais qui dépendent directement du président rwandais Tutsi Paul Kagame dans son programme déjà en action de l’occupation du Congo(1).
Nos journalistes panafricains de la RDC de nos différentes rédactions dans quelques pays européens ont demandé d’avoir la version de THEMIIS sur ce qu’il accomplit comme mission à ESAM (École supérieure d’administration militaire qui avait ouvert ses portes à Kinshasa, sous la houlette de l’Institut THEMIIS, en janvier 2018).

« Mama mokonzi Camille Roux, muana ya ekolo France, alobi nini?* « (« Que dit la présidente Camille Roux, citoyenne française? « ). Ces questions avaient été envoyées à madame la présidente Camille Roux, par notre rédacteur en chef, le journaliste congolais Lilo Miango.

Les 3 questions du Magazine Ngambo Na Ngambo, 1er média en Europe pour la dynamique de la création des Etats Unis d’Afrique.

1-Ne craignez-vous pas que votre institut soit un jour poursuivi en justice dès le changement du régime finissant de monsieur Joseph « Kabila » ; vu des crimes contre l’humanité et autres faits des violations dont des certains officiers militaires que THEMIIS « forme ou recycle », ont déjà été concernés en tant que responsables militaires?

2-Pourquoi THEMIIS est-il en RDC qui est un pays sous occupation? Et cela d’autant plus que les faits montrent que l’Etat réel n’existe pas sous le régime de monsieur Joseph « Kabila » comme des responsables chrétiens l’ont déclaré et certifié?

3- Que pouvez-vous dire à la majorité écrasante du peuple congolais de la République Démocratique du Congo qui ne comprend pas la pertinence des missions qui existent entre THEMIIS et des responsables militaires et politiques du Congo? Et cela vu le nombre des exécutions extra-judiciaires, des enlèvements, des tortures…

THEMIIS de la France en RDC: des formations à Kinshasa décriées dans la diaspora congolaise en Europe. Incompréhension ou grand problème?

Les réponses de madame la présidente de THEMIIS.

Cher Monsieur,

En réponse à votre message, vous trouverez ci-dessous une présentation du programme ESAM et un exposé sur la pertinence de notre mission en RDC.

L’Institut de formation THEMIIS, dédié aux questions liées à la paix et à la sécurité, s’est effectivement vu confier l’encadrement académique de l’Ecole supérieure d’administration militaire (ESAM), qui a ouvert ses portes le 8 janvier dernier.

La création de l’Ecole vise à doter le Congo d’un corps d’administrateurs rompus aux meilleures pratiques internationales, en matière de programmation et de gestion des ressources financières et humaines, d’administration générale et de soutien. L’objectif, à travers la réforme générale des systèmes de sécurité soutenue depuis 2005 par les organisations internationales, est de parvenir à former une nouvelle génération de hauts administrateurs parfaitement experts dans leurs domaines. Ce processus de formation enclenche ainsi un renouvellement générationnel « par le haut » des décideurs dans ces domaines.

Sont aussi enseignées, entre autres, des matières telles que le Droit public international et les principes généraux des Droits nationaux encadrant la Défense et la Sécurité. Tous les modules, dispensés par des spécialistes reconnus, sont en ligne avec les standards internationaux. Nous avons par exemple un module sur les « responsabilités et contraintes des hauts dirigeants » dans lequel nous enseignons une méthode de raisonnement éthique.

Comme il le fait en France et dans tous les pays dans lesquels il dispense des programmes de formation, l’Institut THEMIIS prodigue ses enseignements sans aucune contrainte, et avec une liberté de parole à laquelle nous sommes profondément attachés. En œuvrant pragmatiquement pour l’enseignement et la diffusion des bonnes pratiques, Themiis constitue de fait une plateforme unique et neutre de dialogue entre tous les acteurs présents sur le terrain, en dehors du champ politique et diplomatique : à chacun son métier.

Je tiens à souligner que nous avons été les premiers à organiser il y a quelques semaines de cela, une rencontre inédite entre les représentants des principales ONG présentes sur le terrain en RDC, et les FARDC. Les débats ont été francs et vifs, et les deux parties y ont trouvé un fort intérêt.

Cette liberté de parole, qui génère des échanges qui n’ont pas lieu ailleurs, est indispensable afin de pouvoir transmettre les principes internationaux de bonne gouvernance juridique, financière et administrative, et de pouvoir former sur les bonnes pratiques que notre expérience internationale nous permet de maîtriser.

Au-delà des enseignements, exercices théoriques et mémoires de recherche, nous apportons un soutien technique et logistique pour appuyer la vocation de créer à Kinshasa un véritable centre de recherche stratégique, et avons à ce titre acheminé près de 3000 ouvrages spécialisés dans tous les domaines cités, afin d’ancrer dans la durée le travail de fond engagé.

L’institut THEMIIS forme ainsi au Congo, l’élite administrative militaire d’aujourd’hui et de demain. L’autonomisation des enseignements, qui fait partie des gènes de l’Institut et que nous mettons progressivement en œuvre, permettra à l’avenir et sans rupture qualitative, à des enseignants congolais de prendre en charge eux-mêmes la formation de cette élite pour le bien de l’ensemble du pays et de ses forces armées d’après-demain. En d’autres termes, tout en dispensant un enseignement à forte valeur ajoutée, l’Institut THEMIIS prépare simultanément les futurs formateurs nationaux des Ecoles où il intervient, pour permettre aux Nations intéressées de parvenir à une rapide autonomie stratégique en matière de formation de leurs élites.

Je reste à votre écoute,

Bien cordialement,

Camille Roux

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Congolaises et Congolais de Belgique, des Pays-Bas, de France et de l’Allemagne lors de la manifestation du 22 juin 2017 dans le quartier parisien Château-Rouge: des probabilités d’une manifestation internationale anti-THEMIIS !

*En langue internationale Lingala. Dans des archives de l’armée nationale française, il y a de manuels et documents Lingala-Français (cfr. les soldats français de l’opération « Bonite » qui avaient faire la guerre en mai 1978 dans le Shaba, au Zaïre, le Sud de l’actuelle RDC.

(1)Rapports, livres, thèses universitaires, témoignages et enquêtes de terrain. Sources: ONU, Ikaze Iwacu, des ONG de droits de l’homme, des avocats congolais de la RDC, Apareco, journaliste Charles Onana, RCK, soldats congolais réfugiés statutaires France-Belgique-Angleterre-USA, journaliste Freddy Mulongo/Réveil FM International, Front Civil de Résistance Populaire/Jean Kalama Ilunga & Paul Kahumbu, Beni-Lubero Online, ex-agents de renseignements Zaïre, ex-soldats&officiers FAZ, radio Bendele.

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