«Libérez Hannibal Kadhafi *» : un Africain incarcéré sans jugement au Liban depuis 2014.

Diaspora africaine en Europe. De plus en plus de personnes africaines commencent à peine de dénoncer l’incarcération au Liban de l’Africain Hannibal Kadhafi. Et ces Africaines et Africains que nous venons d’interviewer certains, ont eu des diverses expériences avec des Libanais dans des pays africains. Mais ils n’ont jamais été confrontés directement à la vie politique des schémas politiques au Liban. « Les Libanais en Afrique ont leur image connue. Mais le cas de la détention politique par la justice de l’Etat du Liban de l’Africain Hannibal Kadhafi ; rend cette justice libanaise incompréhensible » dit un chef traditionnel africain du Cameroun très influent. Il était de passage en Suisse.
Des Africains installés en Europe trouvent surtout qu’il est inacceptable que le Liban le laisse en prison sans jugement. Et cela après avoir été enlevé en 2014 en Syrie, tabassé et torturé par des « Libanais » présentés comme n’étant pas investis par des fonctions officielles dans l’armée ou de la police du Liban.

Hannibal Kadhafi

Hannibal Kadhafi

Donc, Hannibal Kadhafi que certains de ses geôliers libanais appellent «l’Africain», est passé des mains de «non-officiels» à celles des officiels du Liban. C’est un service des Renseignements Italiens qui dévoila cette terrible histoire en 2014, selon notre interlocutrice. Cette source italienne indique que cette incarcération de cet Africain au Liban est le fait que Hannibal Kadhafi est le fils biologique du Guide de la Jamahiriya Libyenne Mouammar Kadhafi. Vengeance ou justice d’Etat? Des Italiens signalaient que cet emprisonnement a eu lieu avant. Et plus tard, des individus ont crée cette histoire des dossiers mis sur le dos de l’Africain Hannibal Kadhafi dans le cadre de la disparition d’un chef religieux chiite libanais Moussa Sadr. Sa disparition se passa en 1978. Hannibal Kadhafi n’avait que deux ans et n’était pas concerné ni de près et ni de loin par une quelconque gestion des affaires religieuses et politiques du pays. « Mituna awa na mobu 2016: «Tina nini muana ya Afrika, Hannibal Kadhafi, bakanga ye na boloko o ekolo ya ba Libanais banda 2014 ?» »(*).

 

Un appel pour la mobilisation des Africains.

Un appel écrit par le Comité Permanent pour la Défense des Droits du Peuple Libyen continue à être envoyé à des journalistes africains et étrangers. Son contenu appelle à la libération urgente de monsieur Hannibal Kadhafi. Ainsi, le MAGAZINE NGAMBO NA NGAMBO a interviewé des gens dans la diaspora africaine en Belgique, France, Allemagne, Italie et Suisse.

Mme A.B.Traoré, Malienne, économiste (France): «est ce qu’une loi de l’Etat du Liban autorise l’enlèvement à l’étranger et l’emprisonnement sans jugement au Liban d’un Africain pour le simple motif qu’il est le fils biologique du défunt Guide libyen Mouammar Kadhafi. Si réellement son emprisonnement est lié à la disparition du chef religieux libanais Moussa Sadr, c’est que le Liban doit faire des réformes. A cette époque-là, l’enfant Hannibal Kadhafi n’avait que 2 ans. Au Mali, des Maliens doivent aller voir ces Libanaises et Libanais qui vivent chez nous commentant des trafics d’influence pour leur parler de cette affaire. Ce genre de cas peut maintenant arriver à n’importe quel Malien qui est le fils d’un parent qui a fait de la politique. Doit-on avoir quelle image de l’Etat libanais chez nous dans la diaspora et au Mali? ».

Des Congolais de la RDC, membres de la famille royale Ndonga Nkenge (Suisse.France) : « nous avons interrogé des juristes congolais, français et suisses. Il est nécessaire de ne pas oublier que l’Etat libanais est signataire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Libérez Hannibal Kadhafi.Quelque soit ce réseau politique dominant des libanais, l’Etat du Liban doit montrer qu’il est l’Etat. Cet Etat a signé les conventions des droits de l’homme.Devons-nous méfier de ce genre de coup politique? Oui, nous sommes des jeunes générations africaines. Demain, ce système politique libanais peut nuire à des particuliers comme nous. L’exemple de Hannibal Kadhafi nous parle. Il faut sensibiliser ces Libanais immigrés dans nos pays africains. Ces immigrés doivent faire des actes citoyens en écrivant à l’autorité libanaise».

Kouadio, entrepreneur ivoirien (Allemagne.France) : « je demande sa libération car monsieur Hannibal Kadhafi est détenu sans jugement depuis son enlèvement en Syrie. Vu que l’Etat n’existe plus en Libye, tout est dans des caniveaux des pressions qui échappent à la diplomatie. Personnellement, l’enseignement à tirer est d’être très prudent quand on est un Africain et que l’on appartient à une famille qui a des fonctions politiques. Si Hannibal Kadhafi n’appartenait pas à une famille fortunée, à quoi aurait servi son kidnapping! Enlevé, on l’a enfermé dans une voiture. Et les kidnappeurs l’ont amené au Liban. Il a subi des mauvais traitements. Il vivait avec sa femme libanaise Aline Skaf dans des beaux quartiers de Malki, dans le centre de la capitale Damas. Pourquoi, on ne voit pas sa femme se mobiliser comme cela se passe dans des milieux africains. Il y a des journalistes africains qui peuvent la recevoir.

On a appris que Hannibal est un réfugié politique statutaire, en Syrie. Mais comme dans des médias libanais, on a vu qu’il y a des règlements de compte, entre le pouvoir à Damas et des pouvoirs à Beyrouth, son statut de réfugié n’est pas du tout respecté par ces groupes de Libanais qui veulent en découdre. Où est cette charte des droits de l’homme.
L’argent est un des éléments de son kidnapping. En tant qu’un Africain qui fait des affaires, je dois tirer des leçons. Il faut des débats médiatiquement en Côte d’Ivoire avec des immigrés libanais. Une solution à la libanaise peut venir de ces immigrés libanais qui sont obligés de ne vivre que dans nos pays africains.»

Mme Ousmane, société civile (Nigéria.Allemagne) : «s’il était un Européen, Hannibal devait déjà être libéré dès le 14 décembre 2014, jour de son emprisonnement au Liban par des unités des forces de sécurité intérieure de ce pays. A travers des timides couvertures médiatiques, j’ai appris qu’il existe enfin un dossier libanais que des associations africaines doivent commencer à dénoncer. Il faut dénoncer devant les instances de l’ONU.»

Ce dossier a été fabriqué après son enlèvement. Ce dossier accuse le citoyen libyen Hannibal Kadhafi de ne pas livrer des informations sur la disparition, en 1978, de l’iman Moussa Sadr, un responsable d’une institution des Chiites libanais. Cela ne tient pas debout. Je termine en disant que le Comité Permanent pour la Défense des Droits du Peuple Libyen, nouvellement crée, doit continuer à mobiliser des Africains dans la diaspora en Europe, des Européens et des peuples africains sur le continent Afrique. L’Etat libanais doit libérer Hannibal Kadhafi. Il faut mobiliser aussi dans des milieux des immigrés libanais dans des pays africains ».

 

Lilo Miango/Rédaction de Paris et Nkumu/Rédaction de Genève.
Illustrations: photo Hannibal Kadhafi (archive Jamahiriya). Drapeau libanais.

(*)Langue internationale Lingala.