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Au créneau « Afrique » du journal français « Monde Diplomatique », le journaliste Anicet Mobe publie  » Au Congo, pérennité d’une culture ».

Anicet Mobe les pillards sont les gouvernants a la tête de la rdc et non les manifestants

Entretenir les convictions de la population africaine d’appartenance à une unité par une pédagogie et un dialogue sur la richesse des cultures africaines, est une démarche qui est ressorti de cet article du journaliste Anicet Mobe qui est également membre du média on line « Magazine Ngambo Na Ngambo ». Cet article a été publié en avril 2015 dans le média français « Mode Diplomatique ». Ce qui touche le Congo devrait concerner toute l’Afrique des peuples (premier continent, berceau de l’Humanité crée par Dieu) car le mot Congo vient de deux mots que des usages des êtres humains avaient fusionné; KO vaste territoire, continent…) et NGO (le Léopard comme icône de Dieu).

 

« Ebongi kososola yango » (en langue Lingala:«autant le dire») car les richesses de toutes les cultures africaines n’ont qu’une seule racine comme le démontre scientifiquement le savant Cheik Anta Diop dans ses travaux qui ont fait de lui un des plus grands savants de tous les temps. La maîtrise pratique de cette vérité des cultures est une voie pour arriver aussi à la création des Etats Unis d’Afrique sur le modèle des fédéralismes régionaux, ce patrimoine de la Femme Africaine. C’est l’Africaine qui créa à l’époque dans l’histoire des êtres humains de notre terre ce que le monde appelle aujourd’hui « une démocratie ». Pour mieux lire cet article d’Anicet Mobe, il est pertinent de voir le Congo dans KO et NGO car seule la création de ce bloc fort des Etats Unis d’Afrique est une libération des peuples. Et le message de cet article n’est pas local, c’est-à-dire uniquement pour la RDC (Rédaction en chef/Magazine Ngambo Na Ngambo).

 

 

Par Anicet Mobe, avril 2015


Ni la crise de légitimité de l’Etat qui empoisonne la vie politique, ni l’extrême violence sociale qui décime les populations locales (conflits, pauvreté, etc.) n’ont rabougri le jardin congolais. Telle une œuvre composée par touches successives, les aires culturelles de la République Démocratique du Congo (RDC) révèlent la diversité et la vitalité des pratiques artistiques dans ce pays ravagé par la guerre depuis 1997. L’ethnolinguiste Clémentine Faïk-Nzuji en dresse le portait avec précision, érudition et passion (1). Elle propose un large inventaire, étendu aux us, coutumes, croyances, symboles, rites, paroles fondatrices, objets sacrés, techniques et inventions propres aux sociétés traditionnelles d’hier et d’aujourd’hui. L’universitaire congolaise fournit des outils conceptuels pour comprendre la richesse artistique de la société, dont les masques — servant aux rites initiatiques (2) — constituent une illustration. Pour elle, l’enjeu de ces recherches est politique : il s’agit de donner aux populations le sentiment de leur appartenance à un peuple en les enracinant dans l’histoire longue des arts et des traditions en RDC.

 

Tirant sa substance des pratiques culturelles jaillies de ses profondeurs, la société congolaise résista à l’acculturation des temps coloniaux, s’appropria les savoirs lettrés dispensés par des missionnaires catholiques belges et leurs enseignements religieux. Et, alors même que les colonisateurs s’en servaient comme d’instruments de consolidation et de pérennisation de leur domination (3), les Congolais en firent un outil de formation d’élites intellectuelles qui remirent progressivement en cause l’ordre colonial. Il n’est donc pas étonnant qu’en 1921 le mouvement messianique lancé par le prédicateur Simon Kimbangu (1887-1951), qui liait étroitement les aspects religieux et politiques, ait ébranlé le système. Inculpé pour sédition, finalement condamné à la réclusion à perpétuité, il mourut en prison au terme de trois décennies de captivité. Soixante ans plus tard, un colloque international tenu à Kinshasa a permis d’étudier l’homme, le rayonnement de son action et sa contribution, via ses prêches, à la libération de « l’homme noir » (4).

 

C’est sans doute également la richesse de leurs pratiques culturelles qui permit aux Congolais de surmonter le difficile legs colonial que représentent les enfants métis. Ceux-ci souffrirent d’un déni longtemps officiel : soustraits à l’affection maternelle (congolaise), ils furent rejetés des Européens.

 

Mais, inquiètes des troubles que ces milliers d’enfants pouvaient susciter, les autorités coloniales leur accordèrent un statut qui assurait leur scolarisation et leur réservait en priorité certains emplois. L’universitaire congolais Assumani Budagwa a effectué un long travail de recherche sur l’histoire méconnue de ces populations (5). Il livre un réquisitoire documenté contre les pratiques méprisantes des autorités coloniales, dont il rappelle qu’elles s’inspirèrent du mot « mule », qui désigne la progéniture hybride d’une jument et d’un âne, pour nommer les enfants métis — les mulâtres.

 

Anicet Mobe. Photo Anicet Mobe: archives Europe.

 

 

(1) Clémentine M.Faïk-Nzuji, Sources et ressources. Panorama des cultures fondamentales de la République démocratique du Congo, Centre international des langues et des traditions d’Afrique, Louvain-la-Neuve, 2014, 344 pages, 39,50 euros.
(2) Cf. Christiane Falgayrettes-Leveau, Anne-Marie Bouttiaux, Viviane Baeke, Julien Volper, Anne Van Cutsem-Vanderstraete et Michael Houseman, Initiés. Bassin du Congo, Musée Dapper, Paris, 2013, 272 pages, 39 euros.
(3) Cf. Anicet N’Teba Mbengi, Paulin Manwelo et Jan Evers (sous la dir. de), Comme l’or qu’on affine, Loyola, Kinshasa, 2012, 400 pages.
(4) Elikia M’Bokolo et Kivilu Sabakinu (sous la dir. de), Simon Kimbangu. Le prophète de la libération de l’homme noir, L’Harmattan, Paris, 2014, tome 1, 496 pages, 48 euros.
(5) Assumani Budagwa, Noirs, Blancs, métis. La Belgique et la ségrégation des métis du Congo et du Ruanda-Urundi, 1908-1960, Budagwa Editeur, Bruxelles, 2014, 386 pages, 25 euros.

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