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Fraternité des Ecclésiastiques Congolais résidant en France: messe pour les victimes de janvier 2015 au Congo.

Eglise Notre-Dame-de-Fatima, le 12 avril 2015
Visibilité du Collectif des Journalistes Congolais de l’Europe: Pourquoi cette messe dominicale en date du 12 avril 2015 à Paris ? C’est dans la suite des morts et blessés par balles réelles tirées par des unités criminelles des forces de sécurité du régime de Joseph Kabila, les 19, 20, 21 janvier 2015. Ces faits tragiques en République Démocratique du Congo n’ont pas de prescriptions (crimes contre l’humanité). Ces événements ont secoué aussi des journalistes congolais de l’Europe qui ont été souvent sollicités par des médias de certains pays européens,notamment des collègues français.Et le Collectif des Journalistes Congolais de l’Europe a actionné ces actions de visibilité du travail par des journalistes selon les traditions du journalisme de l’excellence, des valeurs héritées de nos Ainés pionniers de cette excellence « ya ba mpanzi nsango ya Congo » (expression en Lingala); et selon les lois des États de droit où nous avons nos résidence, en Europe. Cette campagne de visibilité du travail des journalistes congolais de l’Europe continue aussi pour que des publics professionnels et les grands publics divers et variés dans des pays européens fassent la différence entre des véritables journalistes congolais de l’Europe et quelques individus qui s’autoproclament « journalistes congolais ». Dans la participation géo-stratégique et la libre circulation mondialisées des informations à médiatiser, notre Collectif des Journalistes Congolais de l’Europe œuvre pour un État de droit et démocratique au Congo car la liberté et la qualité légale de journaliste sont des révélateurs de la liberté générale qui règne dans un pays où l’État existe. Or ce n’est pas le cas pour le Congo de nos ancêtres (actuellement pays sous occupation) et dans certains minuscules cercles congolais, ici en Europe. On ne s’autoproclame pas journaliste dans des États de droit comme la France, la Belgique, la Grande-Bretagne, la Suisse… C’est cette conjugaison de rendre compte de ce qui s’est passé lors de cette messe et du respect de la loi et du travail d’honnêteté intellectuelle de la qualité d’être journaliste congolais en Europe que nous publions l’article en entier du journaliste Kongo Robert, docteur en journalisme et un des responsables à Radio Vexin, une station de radio appartenant à une institution de l’État français. Lilo Miango, rédaction de Paris-Magazine Ngambo Na Ngambo et coordinateur du Collectif des Journalistes Congolais de l’Europe. 

L’ARTICLE DU JOURNALISTE ROBERT KONGO TEL QU’IL A ETE PUBLIE LE 18 AVRIL 2015: PARIS : UNE MESSE EN HOMMAGE AUX VICTIMES DES VIOLENCES MEURTRIÈRES EN RD CONGO

L’assistance émue et en plein recueillement

L’assistance émue et en plein recueillement

Une centaine de personnes ont assisté, dimanche 12 avril 2015, à une messe organisée à l’Église Sanctuaire Notre-Dame-de-Fatima (Paris 19ème arrondissement) en hommage aux victimes des violences meurtrières de janvier en République Démocratique du Congo.Ils sont venus de partout ( Amérique du nord, Belgique, Suisse, Hollande, Allemagne, Italie… ) rendre hommage à leurs compatriotes tombés sous les balles de la police et de la garde républicaine, les 19, 20 et 21 janvier 2015, à Kinshasa et dans certaines villes de province.Organisée par la Fraternité des Ecclésiastiques Congolais résidant en France (FECOF), la messe à laquelle ont assisté les Congolais, le dernier jour de l’Octave de Pâques, était assez exceptionnelle. Un moment de recueillement à la hauteur de la tragédie.Il convient de souligner que trois mois après ces massacres, les Congolais sont toujours plongés dans le désarroi, la tristesse, la stupéfaction, avec un sentiment de révolte très fort. Ils sont encore très choqués, abasourdis par ce qui s’est passé. L’INCOMPRÉHENSION
Eglise Notre-Dame-de-Fatima, le 12 avril 2015

Eglise Notre-Dame-de-Fatima, le 12 avril 2015

L’homélie du Père Désiré Balabala était axé principalement sur ces tristes événements qui ont endeuillés la RDC.« Nous nous réunissons pour prier, en tant que disciples de Jésus, pour recommander, en tant que communauté congolaise, les âmes des compatriotes qui ont trouvé la mort lors des tragiques événements qui ont endeuillé la RDC du 19 au 21 janvier 2015 dans plusieurs villes du pays. Cette tragédie n’est d’ailleurs que la partie émergée de l’iceberg, pour peu qu’on en dise », a-t-il déclaré.Toute la barbarie de la police et de la garde républicaine face aux populations s’exprime dans cette incompréhension que le prêtre Congolais a relevé, dépeignant avec dextérité l’actualité.« Ces compatriotes ont manifesté pacifiquement pour réclamer l’alternance pacifique au pouvoir en 2016 et le respect des dispositions légales en vigueur sur le mandat présidentiel, avant que ceux qui sont censés protéger la population leur réserve le sort que vous connaissez », s’est-il indigné, lisant de sa voix claire et limpide, un texte accessible, parfois proche de la prière. LES FAITS« Pourquoi et comment en est-on arrivé à tuer froidement des paisibles manifestants? », s’est-il interrogé.« Tout est parti du projet de révision de l’article 220 de la Constitution, portant sur le nombre, la durée des mandats du président et la forme, adopté par les députés », a-t-il rappelé.« Ce texte électoral, retoqué au Sénat, avant d’être substantiellement modifié à l’Assemblée nationale, a-t-il poursuivi, aurait permis au président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, de se maintenir à la tête de l’État au-delà de la fin de son mandat, alors que la Constitution lui interdit de se représenter. »Et de renchérir: « Mais aussi les prochaines élections (présidentielle et législatives), devant avoir lieu en même temps, auraient été conditionnées par des résultats du recensement général de la population ».« En 2006 comme en 2011, le pouvoir n’a jamais songé à faire du recensement de la population un préalable absolu des élections. Comment se fait-il qu’il se soit subitement ravisé, qu’il en soit particulièrement préoccupé seulement à ce qui est censé être le dernier mandat de ce lui qui est au pouvoir ? Pourquoi n’a-t-il pas procédé à ce recensement (exercice de routine) juste au début du mandat pour respecter le calendrier électoral et éviter ainsi des suspicions fondées », s’est-il encore interrogé, avant d’ajouter : « Accordons lui le bénéfice du doute comme l’on dit en droit ».Face à une assistance très attentive, le Père Désiré Balabala n’est pas allé de main morte pour relater les faits et fustiger un comportement abject réservé à des barbares sans foi ni loi.« Le politicien congolais, à la place de se complaire dans l’autosatisfaction due aux privilèges du pouvoir comme certains en font la preuve, après la mort de nos compatriotes, devrait plutôt tirer les leçons qui s’imposent et entendre raison afin d’éviter d’éventuels prochains bains de sang à une population suffisamment clochardisée, voire prise en otage », a-t-il déclaré. « IL N’Y A PAS D’HOMME IRREMPLAÇABLE »Élargissant son propos, le Père Désiré Balabala s’est interrogé, encore une fois, sur « l’obsession des chefs d’État africains de charcuter les textes constitutionnels ou autres pour des intérêts égoïstes et pour se maintenir à vie au pouvoir ».« Qu’est ce qui expliquerait cette phobie (qu’on dirait pathologique) des dirigeants africains contre l’alternance pacifique au pouvoir comme l’ont fait des grands hommes, des icônes planétaires, des hommes valeureux comme le Sud-Africain Mandela, le Brésilien et l’ultra-populaire Lula, le Sénégalais Senghor, le Tanzanien Nyerere et bien d’autres? ».« Il n y a pas d’homme irremplaçable (messianique, providentiel, incontournable) au monde, encore moins au pouvoir, et que toute politique qui sacrifie le peuple sur l’autel de l’égoïsme, de l’avidité du pouvoir (pour rester mesuré), est voué d’office à l’échec », a-t-il lancé à l’adresse des responsables politiques africains.« La véritable sureté de l’État, poursuit-il, est avant tout le bien-être de la population qui donne mandat au politique ».A l’instar de Martin Luther King, le prêtre congolais rêve d’un pays où « toutes les conditions d’un développement humain harmonieux sont garanties. »Pour terminer son homélie, il a vilipendé la « hargne », « la colère aveugle », « le mépris cinglant de l’autre », « le dépit sans nom », « le rejet de cette classe politique, et surtout par une haine qu’on croirait légitime ». Attitudes qu’il a qualifié de « non chrétiennes, encore moins évangéliques ».« Poursuivre démocratiquement l’effort pour lequel nos frères et sœurs ont versé leur sang, pour faire advenir un État de droits au cœur de l’Afrique, serait certainement le plus bel hommage à rendre à ces martyrs de la démocratie », a-t-il conclu. Robert Kongo, correspondant en France Copyright Le Potentiel /Envoyé par Blogger dans Kongo Espoir 21 le 4/18/2015 02:11:00 AM  

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