• Accueil
  • Miziki-Musiques
  • Franco Luambo Makiadi de l’OK Jazz, 27 ans déjà: parole au journaliste historique Bazakana Bayete.

Franco Luambo Makiadi de l’OK Jazz, 27 ans déjà: parole au journaliste historique Bazakana Bayete.

Europe. Cette année est  le 27ème anniversaire de la mort* de Franco Luambo Makiadi qui reste une des grandes stars du Top 5 de la Rumba congolaise, cette musique urbaine, populaire et internationale. Pour nous journalistes historiques congolais de l’Europe et fondateurs à Kinshasa de la presse écrite musicale dans l’histoire des médias du Congo-Kinshasa, Franco demeure un de ces trois géants de la «modernité de cette Rumba congolaise», successeurs des pères-pionniers de cette musique. Ainsi, le «grand maître» Franco Luambo est ce chanteur-guitariste-auteur-compositeur-producteur de talent exceptionnel créa une des trois écoles de cette Rumba du Congo: le style OK Jazz appelé aussi l’école OK Jazz Odemba.

 

Ici en Europe, ses productions sur scènes, enregistrements dans des studios et ses interviewes avec des journalistes notamment celle avec notre confrère Lukunku Nsampu restent des moments historiques particuliers. Et Franco Luambo a été aussi un patron de presse. Il possédait le journal « Ye » à Kinshasa que dirigeait un ancien séminariste et journaliste Malambu Ma Kizola qui vit depuis des années en Belgique.

« Mpo na mobu oyo ya 2016, MAGAZINE NGAMBO NA NGAMBO apesi maloba epai ya elombe mopanzi nsango BAZAKANA BAYETE (BB).
Bazakana, actuel rédacteur en chef d’Ebène Magazine (le plus ancien média dans la diaspora de la RDC en Occident) est un journaliste historique. Et dans la logique de notre campagne sur la visibilité des médias et journaliste congolais de l’Europe, nous devons proclamer qu’il fait partie du patrimoine du Congo, dans le domaine du journalisme et qu’il a été très proche du feu Franco Luambo. (Lilo Miango, rédaction de Paris).

 

Franco Luambo Makiadi: premiers contacts racontés par Bazakana:

« 1989-2016: il y a 27 ans disparaissait le musicien-chanteur star Franco Luambo Lokanga la Djo Pene.
Lorsque mon confrère Lilo Miango qui connaissait le lien particulier qui m’unissait à Franco, il m’a appelé pour que je lui parle un peu de Franco que nous appelions affectueusement Yorgho Je n’ai pas hésité à prendre ma plume pour lui écrire ce témoignage.

Franco, je l’ai connu dans la capitale de notre pays d’abord comme «Ngembo*» vers les années ’60. Il venait souvent se produire dans la commune de Matete, dans un bar dénommé «Sentiment bar» (propriété de l’artiste musicien Ebengo Dewayon). C’est là où je l’ai vu pour la première fois. Alors que l’orchestre OK Jazz avec les musiciens comme De la Lune, Edo Nganga, Vicky Longomba… se trouvaient déjà sur le podium entrain de jouer, lui s’amenait vers 18 heures, une heure avant la fin du concert sur son Vespa où il était écrit «De mi Amor». C’était l’époque de scooter de marque « Vespa ». Le musicien Nico Kasanda en avait aussi …

Quand est-ce que j’ai fait sa connaissance physique ? D’abord j’ai continué à aller le voir comme « ngembo » lors de la production de l’orchestre OK Jazz (de 15 h à 19 heures) au bar «Vis-à-vis» (actuelle commune de Kalamu) et même à la sortie de l’école (j’étais alors étudiant à l’Athénée de Kalina), lui habitait, juste à coté de la Grande Poste)!

Devenu journaliste, je fus affecté un temps à la rubrique sportive. Un jour de l’année 71, mon chef de rubrique (Edy Mavomo) -aujourd’hui disparu- m’envoie  couvrir pour le compte de notre journal « Salongo » le match que devait jouer V.Club à Mbanza-Ngungu, une ville provinciale dans l’actuelle province du Kongo Central.

Une fois dans l’autocar de marque « MERCEDES », offert par le président de la République Mobutu à Franco, je rencontrai les joueurs de V.Club. Il y avait aussi les reporters sportifs Isaac Koko, Gode Castello et Albert Mankwe.
Franco était là (dans l’autocar). Je n’osais même pas l’approcher. J’étais impressionné, intimidé. Alors que se trouvait là, mon idole. Moi, Ngembo, j’avais, à la fois le sentiment d’émotion mêlé d’une certaine timidité. C’était une attitude d’une certaine jeunesse.

Arrivé à Mbanza-Ngungu, Gode Castello qui était tout le temps avec Franco me dit pourquoi tu ne lui parles pas. Et voilà alors que c’est pour la première fois je lui dis que «Je suis ton ngembo* depuis le bas âge.» Franco s’exclama : «Ah! bon!». Il sourit. C’était mon premier contact avec Franco…  Et, je deviendrai son ami !

Il venait me chercher chez nous dans la commune de Matete à bord de son ambulance (une fois de plus, qui lui a été offerte par le président Mobutu) pour nous  rendre à Yolo Nord* dans la terrasse du bar « Palmarès » qui appartenait au cameraman Massamba; avant nous diriger au stade du 20 Mai (NDLR: stade où avait eu lieu le Combat du Siècle Mohammed Ali contre George Foreman. Ce cadre sportif rebaptisé à présent Stade Tata Raphaël) suivre les rencontres de football de l’équipe V.Club dont il était président!

Versé dans la rubrique musicale dans ce même journal qui m’avait embauché sous contrat indéterminé, nous avions continué à nous voir malgré que j’étais désormais « trop » lié à l’autre grande star de la musique Tabu Ley Rochereau pour le « business ». Ce dernier savait que j’étais un des confidents de Franco « Yorgho ». Et sa mort m’avait beaucoup affecté.

Durant certains derniers jours de sa vie , on se retrouvait souvent à Bruxelles chez monsieur Decante, un ancien footballeur et collaborateur dans les affaires du show-business de Franco Luambo. Et Tabu Ley Rochereau me sollicitait de lui  apporter souvent des nouvelles sur Franco malade, car, Franco Luambo ne voulait plus recevoir des gens. Voilà, les quelques anecdotes que je peux vous livrer concernant certains faits de mes premières relations avec Franco. La suite ? ….(1)

 

Journaliste Bazakana Bayete, historique et patrimoine (Photo en France 2016)

Journaliste Bazakana Bayete, historique et patrimoine (Photo en France 2016)

 

 

 

========================================================================================= *Ngembo: mot en Lingala qui signifie « chauve-souris ». Ici ce mot est utilisé dans le sens du « Langage des habitants de la ville de Kinshasa pour dire « Spectateur admiratif ».
*Yolo-Nord: un quartier de la ville de Kinshasa.
*Date du décès de Luambo :12 octobre 1989 aux cliniques de l’université catholique de Louvain Mont-Godinne,dans le Royaume de Belgique.
(1) Le journaliste Bazakana Bayete publiera un livre. Il avait déjà terminé sa rédaction. Il parle aussi de Franco Luambo Makiadi. Ainsi, les gens auront… la suite