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Film « Soeur Oyo » de la réalisatrice Monique Mbeka Phoba, primé à Paris, au 23ème Festival « Le Court qui en dit long »du Centre Wallonie Bruxelles.

Paris. Salle de cinéma du Centre Wallonie Bruxelles, 2 juin 2015. La réalisatrice congolaise Monique Mbeka Phoba s’est levée spontanément de son fauteuil et très souriante, elle est venue vers nos journalistes pour les saluer avec beaucoup de joie. C’est pour la toute première fois que des journalistes du Magazine Ngambo Na Ngambo la rencontrent.
Son attitude très positive en termes d’accueil montre des dimensions de sa grandeur du talent, sa ténacité de faire du travail de qualité, sa vaste ouverture sur autrui avec une générosité d’âme. Cette scène que nous avons vécue; s’est passée quelques secondes(18H03) dès que nous sommes entrés dans cette salle de  cinéma  qui était déjà bondée avec des Européens, Africains et Asiatiques.

 

Monique Mbeka en entretien avec Louis Héliot.

Monique Mbeka en entretien avec Louis Héliot.

Monsieur le conseiller cinéma du Centre Wallonie Bruxelles, le Belge Louis Héliot qui a présenté cette soirée du 2 juin 2015 et interviewé sur un plateau élégant installé dans un hall du centre, tous les réalisateurs dont Monique Mbeka Phoba, nous signifiera plus tard: :« …Elle a reçu au palmarès une mention spéciale pour le Prix Format Court, ce qui signifie que le film sera à nouveau présenté à Paris, en sa présence, au mois de septembre, au Studio des Ursulines, dans le 5ème arrondissement de Paris ». Dans les lignes qui suivent, la journaliste Faida Weregemere fournit un ensemble des informations sur le film «Soeur Oyo», la réalisatrice Monique Mbeka, ses réalisations et l’édition 2015 du Festival « Le Court en dit long ».

 

Un court qui nous parle. «Soeur Oyo» : Mention spéciale au Festival « Le Court qui en dit long ».


Organisé par le Centre Wallonie Bruxelles à Paris du 1er au 6 juin 2015, le 23ème Festival de courts métrages belges « Le Court qui en dit long », sur les 44 courts métrages belges francophones ou franco-belges sélectionnés parmi les 106 films produits, en a distingué une poignée, 13 au total, dont « Sœur Oyo » de Monique Mbeka Phoba, mention spéciale prix coup format court.

 

Cette œuvre de fiction, sa première fiction en fait, après 22 ans de métier, et 14 documentaires, nous emmène plus d’un demi-siècle en arrière dans le Congo belge des années 50. L’action se passe dans un pensionnat religieux pour petites filles façonnées par un enseignement entièrement dispensées en français. Le personnage central est une jeune congolaise un peu perdue dans son nouvel univers, qui se languit de sa famille, de sa grand-mère, figure symbolisant la tradition, le lien avec la culture ancestrale réelle ou fantasmée, transmise ou oubliée et magnifie l’idée de la famille. Comme pour illustrer un adage lingala décliné à toutes les sauces dans l’imaginaire collective : « Baboti bango Nzambe ya nse »*.

 

Un peu inattendue comme démarche, mais l’énergique réalisatrice belgo-congolaise semble apprécier une fois de plus les chemins de traverse, qui lui permettent d’aborder les thèmes récurrents à savoir le passé des origines côtoyant un présent qui nous ouvre un ailleurs, la rencontre de deux mondes, l’histoire familiale revisitée. Son court métrage de 23’, qui date de 2013,  illustre donc l’une de ses préoccupations, le devoir de mémoire. La mémoire des Anciens, si proches de nous et qui pourtant font bel et bien partie d’un monde qui peut paraitre quelque peu révolu même si le thème sera toujours d’actualité et universel.

 

Monique Mbeka Phoba est également co-récipiendaire de l’Artist Award 2015 de l’Afrika Film Festival (Leuven – Vlaams-Brabant) de Louvain, qui s’est tenu 20 mars au 4 avril: « ce prix est sensé encourager 2 artistes méritants, ayant porté à son pinacle la culture africaine, l’année écoulée ».

 

Qui est cette heureuse lauréate de ce 23ème festival «Un Court qui est dit long» à Paris? Que dit son film «Soeur Oyo»?


Réalisatrice Monique Mbeka avec Lilo Miango(g.) et réalisateur Dom Pedro.

Réalisatrice Monique Mbeka avec Lilo Miango(g.) et réalisateur Dom Pedro.

Fille de diplomate, la cinéaste est née en Belgique et passe une grande partie de sa vie à l’étranger au gré des postes occupés par son père, Joseph Mbeka.

 

Elle étudie à l’Université Libre de Bruxelles, après une licence en sciences commerciales et internationales à l’Institut d’Etudes Supérieures de Saint-Luc à Bruxelles, elle se tourne résolument vers le documentaire, à la suite d’un stage d’initiation à la vidéo documentaire aux Ateliers Varan à Paris, créés par Jean Rouch. Depuis film après film, elle a égrené une petite musique qui lui propre, en saisissant un tournant de l’histoire dans l’actualité ou en se tournant vers passé pas si lointain.

 

« Sœur Oyo » a été programmé déjà en 2014 à Kinshasa, à Cotonou, où l’auteure a vécu 13 ans  et dans plusieurs festivals tels Fespaco, Carthage, à Paris au Forum des Halles, ainsi que sur la chaîne de télévision belge RTBF, et la télévision TV5Monde. Bref, quoi qu’il en soit c’est un film à voir et à revoir, fortement inspiré par l’enfance de la mère de la réalisatrice, c’est également la sienne et celle de la grand-mère, selon les propres dires de Monique Phoba, bref le court métrage «Soeur Oyo» raconte un peu l’histoire de trois générations de femmes.

 

A son actif neuf œuvres de création.


  • 1991 – Revue en vrac, documentaire, 26’.
  • 1993 – Rentrer ?, documentaire, 52’.
  • 1996 – Une voix dans le Silence, documentaire, 12’.
  • 1997 – Deux petits tours et puis s’en vont…, documentaire co-réalisé avec Emmanuel Kolawole, 47’.
  • 1998 – Un rêve d’Indépendance, documentaire, 53’.
  • 2001 – Anna, l’enchantée, documentaire, 52’.
  • 2004 – Sorcière, la vie, documentaire, 52’.
  • 2009 – Entre la coupe et l’élection, documentaire, co-réalisé avec Guy Muya Kabeya, 56’.
  • 2012/2013 – Sœur Oyo, court métrage fiction 23’

 

A ces 9 œuvres de création, il faut ajouter 5 documentaires de commande peu connus. Femme vivant pleinement sa vie Monique Mbeka se refuse de s’enfermer dans le monde de la réalisation, elle écrit à ses heures des poèmes, fait de la formation, dirige des festivals et très souvent se révèle être une conférencière intéressante. L’auteure, Monique Mbeka Phoba considère que cela participe d’une certaine hygiène intellectuelle, permettant à l’auteure de relativiser l’importance ou non de sa carrière.

 

 

Faïda Weregemere/ Rédaction France.
Photos, 2 juin 2015, Centre Wallonie Bruxelles de Paris: copyright Magazine Ngambo Na Ngambo.

 

*«Nos parents sont tout-puissants sur terre».

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