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En mémoire du feu artiste photographe de génie Kiripi Katembo : visite spéciale à Paris de l’exposition « Beauté Congo 1926-2015 Congo Kitoko ».

Paris: Pour saluer la mémoire du feu artiste photographe congolais Kiripi Katembo Siku décédé brusquement le mercredi 5 août 2015 à Kinshasa (annoncé par des journalistes congolais de l’Europe et les télévisions françaises i-Télé et France 24 et la radio française RFI) ; une visite spéciale d’une représentation de deux de nombreuses familles royales de la République Démocratique du Congo a eu lieu le samedi 8 août 2015 dans l’après-midi à l’exposition « Beauté Congo 1926-2015 Congo Kitoko », organisée par la Fondation Cartier (boulevard Raspail, Paris 14ème arrondissement): «…mpasi na bisengo esangana…»[1].

 

Des œuvres géniales du feu photographe de génie Kiripi Katembo Siku y sont exposées parmi les autres réalisations artistiques des autres artistes congolais de la RDC, dans cette exposition de la Fondation Cartier pour l’art contemporain qui se révèle être un succès mondial et qui va terminer le 15 novembre 2015.

 

Famille royale Ndonga Nkenge, famille royale Ilong’Otonga : hommage en toute discrétion pour saluer l’artiste et l’homme congolais Kiripi Katembo Siku.


Dans nos valeurs ancestrales et historiques du «KO» et «NGO»[2], il existe des circonstances et des endroits qui font que nos peines liées à des décès des nôtres sont maîtrisées malgré la douleur, la communion de cette tristesse avec l’étranger et les souffrances devant des foules venant d’ailleurs. C’est donc cette « posture de discrétion » héritée de leurs ancêtres que cette représentation des familles royales Ilong’Otonga et Ndonga Nkenge a adopté pour faire cette visite.

 

Un descriptif de Kiripi Katembo affiché à la Fondation Cartier.

Un descriptif de Kiripi Katembo affiché à la Fondation Cartier.

C’était une visite spéciale pour honorer la mémoire du photographe-artiste Kiripi Katembo Siku pour l’oeuvre de création et d’invention qu’il laisse au patrimoine culturel du «KO» et «NGO». Et également pour la dignité de sa dimension humaine qu’il a témoigné à l’égard de tout le monde qui l’avait abordé lors de son dernier séjour parisien à l’occasion du vernissage de l’exposition « Beauté Congo 1926-2015 Congo Kitoko ». C’était le jeudi 9 juillet 2015.

 

Lors de cette visite spéciale, cette délégation de ces deux dynasties royales qui réside en Europe, avait à sa tête une femme. Cela est très symbolique pour ces circonstances. En effet, dans l’histoire africaine profonde d’un bon nombre des peuples africains, c’étaient des femmes qui avaient fondé des principautés, des empires et des royaumes.

 

Elles avaient le pouvoir politique national et international. Et depuis des siècles elles avaient le droit de vote bien avant des Européennes ( illustration: cas du peuple Basengele, dans l’actuelle RDC). Avec un esprit d’ouverture sur les autres peuples du monde, elles avaient instauré des systèmes démocratiques brisés arbitrairement et dans le sang par la violence planifiée, dictatoriale et barbare du colonisateur européen. Et depuis la nuit des temps, elles connaissent la douleur de perdre un enfant et faisaient déjà la promotion des arts. D’où cette visite spéciale. Et Kiripi Katembo Siku est à situer dans ce créneau: « liwa ya muana moko ya Congo » (en langue Lingala*: « la mort d’un enfant du Congo »).

 

Décès de Kiripi Katembo Siku: réactions recueillies auprès des gens venus voir cette exposition,samedi 8 août 2015,à Paris.


Le Magazine Ngambo Na Ngambo tient à saluer la qualité de l’excellence de l’accueil des agents de la sécurité en poste ce samedi-là, à la Fondation Cartier (Boulevard Raspail). A l’entrée, nous avons pu échanger avec trois de ces Français. Il y a un qui nous a décrit physiquement Kiripi Katembo. Tous étaient émus. Et après, nous avons montré la photo de Kiripi Katembo que le Magazine Ngambo Na Ngambo avait faite le jeudi 9 juillet 2015, le jour du vernissage car notre média avait été invité par Mme Diana Petra Kichererova (responsable Fondation Cartier Presse & Communication Afrique, à Genève).

 

Nous nous sommes rendus directement là où sont exposées les œuvres du feu Kiripi Katembo. Il y a rien comme message ou un signe sur son décès. On a vu l’émotion qui gagnait la représentation royale et qui par la suite est partie s’asseoir, en toute discrétion.

 

Dans des foules nombreuses qui viennent de France et de l’étranger pour visiter cette exposition « Beauté Congo 1926-2015 Congo Kitoko », il y a de Congolaises et Congolais. Nous avons interviewé un Congolais de la RDC qui vit en France sur cette mort qui a surpris.

 

Mr. Douglas Befuatala devant des oeuvres de Kiripi Katembo

Mr. Douglas Befuatala devant des oeuvres de Kiripi Katembo

Mr. Douglas Befuatala mentionne : « la mort de Kiripi Katembo a été une nouvelle excessivement triste. Pour moi, il incarnait une personnalité importante dans la mesure où il était l’auteur de nombreuses photographies qui transmettent de nombreuses émotions qui sont véritablement perceptibles par le biais de la photo ».

 

Devant ces œuvres du feu Kiripi Katembo Siku, nous avons pu échanger avec des jeunes françaises. Elles nous ont fait part de leur surprise et nous ont dit « pourquoi ce décès n’est pas marqué ici? ». Avec elles, nous étions debout au même endroit précis où nous étions debout le 9 juillet 2015 avec Kiripi Katembo Siku.

 

Notre ami H. Tsiang observant des oeuvres de Kiripi Katembo.

Notre ami H. Tsiang observant des oeuvres de Kiripi Katembo.

Notre ami, le Chinois H. Tsiang était venu nous rejoindre. Il était déjà au courant de cette triste nouvelle. Il a eu un face à face avec ces œuvres de l’artiste-photographe. Le brave Tsiang a manifesté sa peine et ses regrets pour cet artiste qui a quitté notre monde.

 

Un Allemand, très grand de taille, a exprimé son sentiment de chocs inattendus en répondant à notre question sur cette mort. Il a dit devant son épouse qui n’a pas parlé que c’est dure la vie car nous sommes tous des humains et cela le bouleverse d’autant plus que cette exposition sur des peintres du Congo est une merveille.

 

Selon la radio de l’État français RFI (Radio France Internationale), la mort de l’artiste congolais Kiripi Katembo Siku a été causée par la « malaria cérébrale ». Et lors de ce reportage pour cette visite spéciale des membres de ces familles royales congolaises à cette exposition, nous avons vu un tableau intitulé « Lutte contre les moustiques », une œuvre de l’artiste congolais Cheik Ledy. Et nous avons montré cette peinture à notre ami chinois H.Tsiang.

 

« Pema na boboto, mokeli Kiripi Katembo. Awa na Paris batu misusu babosani yo te* » (« Repose en paix, artiste Kiripi Katembo. ici à Paris, il y a des gens qui ne t’oublient pas »)

 

 

Reportage: Lilo Miango/Rédaction de Paris.
Photos,samedi 8 août 2015,Fondation Cartier,Paris: copyright Magazine Ngambo Na Ngambo.

 

[1] Ces mots en langue internationale Lingala sont extraits de la chanson « Adeito » du feu chanteur-star panafricain de la République Démocratique du Congo(RDC), Tabu Ley Rochereau. Traduction:  » …peine et joie se mélangent… »

 

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