Manifestations spontanées du 19 et 20 janvier 2015 suite aux massacres à Kinshasa et dans les autres villes au Congo

La journaliste Elza Vumi raconte les deux manifestations spontanées du 19 et 20 janvier 2015 à Paris,suite à des massacres à Kinshasa et dans les autres villes au Congo.
EN FRANCE: des impacts des nouvelles technologies de la communication et de l’information et les « flashes » des médias audiovisuels ont eu des effets considérables dans cette circulation très rapide des nouvelles sur des massacres de la population en République Démocratique du Congo par des unités criminelles sous l’autorité de Joseph Kabila et de son pouvoir. La journaliste congolaise Elza Vumi était sur place à Paris quand des Congolaises et Congolais de France ont décidé très vite de réagir contre cette barbarie qui utilise les moyens de l’Etat congolais pour réprimer dans le sang des manifestants pacifiques et assassiner beaucoup de victimes dans leurs maisons et lieux de travail.
« Lisakoli ya mopanzi nsango mama Elza Vumi o ntei ya engumba ya tata mokonzi ya France* « (en langue internationale Lingala).

PARIS ( lundi 19 janvier 2015), sous tension à cause des effets des manifestations au Congo contre toute modification de la constitution réprimée dans le sang.

 

Les réseaux sociaux congolais étaient en alerte. L’information s’est rapidement propagée : » l’armée de Joseph Kabila tire sur des étudiants qui manifestent pacifiquement dans la capitale.Dans d’autres villes, une tension règne,Lubumbashi est ville morte…des troupes militaires étrangères patrouillent dans les rues de la ville… ».
Quelque soit le lieu où nous étions, au travail, dans les transports, dans la rue,…les mobiles et leurs alertes ont crépité dans tous les pays du monde.

 

Très vite, en France, des échanges téléphoniques se sont inquiétés de la situation des Combattants s’étant rendus aussitôt l’information connue, devant et à l’intérieur de l’ambassade de la République Démocratique du Congo,Cours Albert 1er,à Paris dans le 8ème arrondissement afin de manifester leur révolte face à la répression lourdement disproportionnée des « hommes armés de M. Joseph Kabila ( « président de la République »), envers la jeunesse de notre pays.

 

Il s’agissait donc pour la synergie,en cas d’arrestation ou autre difficulté pour les jeunes partis demander des comptes aux diplomates sensés représenter le Congo et la population congolaise de l’extérieur, de nous mobiliser afin éventuellement nous porter garant et solidaire devant l’administration policière française du caractère légitime de l’émoi des manifestants.

 

Vidéos, messages, se sont multipliés du terrain vers l’extérieur qui les a diffusés largement. Horreur, sang, morts, poursuites, Bérets Rouges en armes, arrestations musclées, tabassages, police et militaires bien nourris, armés jusqu’aux dents face à la jeunesse congolaise. Mains nues. Le réseau internet en République Démocratique du Congo, à la demande du pouvoir(gouvernement), est bloqué. Le pays est coupé du monde.

 

20 janvier 2015. Dans le froid glacial, les drapeaux congolais en signe de ralliement.

 

Le mardi 20 janvier, à l’appel d’un collectif de Combattants et d’associations, manifestation non autorisée,spontanée, a eu lieu devant l’ambassade de la République Démocratique du Congo. Les représentants du gouvernement de M.Kabila en appellent à la police française qui encadre les manifestants. Ces derniers s’échauffent et sont éloignés du bâtiment de l’ambassade, sous escorte policière,sur une petite place 300 mètres plus loin aux cris de « Kabila-Kagame-Museveni, assassins; Kabila dégage; Kabila criminel; Kabila terroriste », drapeaux de la République Démocratique du Congo au vent.

 

Et c’est là que je rencontre M.Jean Martin SALI**. Avec une bannière et des flyers à distribuer, nous expliquons aux passants les 20 ans d’holocauste congolais pour le pillage des minerais et les velléités du « plus jeune président du monde » de modifier la constitution, avec la complicité de la majorité du gouvernement, pour briguer un 3ème mandat; sous le regard silencieux de l’Europe, des Etats-Unis et aux noms des citoyens, des démocraties européennes. Un « président » qui se déclara « Charlie », quelques semaines avant…

 

A leur regret, peut-être, ces diplomates congolais à Paris ont pu constater que les manifestants sont toujours bien vivants.En République Démocratique du Congo, nous serions tous…morts…une balle à bout portant…entassés à l’arrière d’un pick-up…mouillé de sang. Ils ont quitté l’ambassade par une porte dérobée.

 

Elza Vumi/France.

 

* Lisakoli signifie reportage. Reportage de la journaliste Elza Vumi dans la capitale de la France.
**Le Congolais Martin SALi est une des figures internationales qui a émerge dans le résistance.Il appartient aux Combattants de RCK.

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